
Santé 2028
Feuille de soins électronique en Nouvelle-Calédonie : avant 2028
Au 1er janvier 2028, la feuille de soins électronique devient la norme. Logiciel, connexion, organisation, données : ce qu’un cabinet, une pharmacie ou un laboratoire doit préparer en 2027.
La feuille de soins électronique en Nouvelle-Calédonie n’est plus une expérimentation. Le Congrès a voté en mai 2026 sa généralisation, avec une échéance au 1er janvier 2028. Pour un cabinet libéral, une pharmacie ou un laboratoire, il reste un peu plus de quatorze mois pour s’équiper et s’organiser.
L’enjeu dépasse l’informatique. Il touche l’accueil des patients, le suivi des paiements, la continuité en cas de panne et la protection des données de santé. Voici ce qui a été décidé, qui est concerné, et un calendrier pour préparer la FSE 2028.
Feuille de soins électronique en Nouvelle-Calédonie : ce qui a été voté
Deux textes encadrent la réforme. La loi du pays n° 2026-5 du 5 mai 2026 porte diverses dispositions en matière sanitaire et sociale ; elle crée notamment un dossier médical et pharmaceutique partagé. Le Congrès a ensuite adopté, le 26 mai 2026, la délibération n° 555 qui la met en œuvre, à l’unanimité selon La Dépêche.
Selon les comptes rendus de presse, cette délibération fait de la feuille de soins électronique la norme :
- une adhésion de l’ensemble des acteurs de santé attendue en 2027 ;
- une échéance définitive au 1er janvier 2028 ;
- le papier conservé en secours, lorsque la transmission numérique est impossible ou, selon Les Nouvelles Calédoniennes, à la demande de l’assuré.
Les volumes expliquent l’intérêt de la dématérialisation des feuilles de soins : environ 350 000 feuilles sont produites chaque mois, dont environ 80 000 déjà électroniques. Environ 30 % des médecins, pharmaciens et laboratoires participent à l’expérimentation, et l’économie attendue est estimée à 80 millions XPF par an.
Nous n’avons pas pu consulter le texte de la délibération en ligne : vérifiez les modalités précises auprès de la CAFAT ou de votre ordre.
Qui est concerné
La réforme vise « l’ensemble des acteurs de la santé » : les professionnels qui établissent des feuilles de soins et les organismes qui les reçoivent, dont la CAFAT, les mutuelles et l’aide médicale de la province Sud.
Le circuit électronique des mutuelles fonctionne depuis 2024. L’aide médicale de la province Sud vient de s’y raccorder : elle a traité plus de 215 000 feuilles de soins en 2025, dont près de neuf sur dix sur papier, et une douzaine de médecins libéraux testent la télétransmission. La province prévoit d’étendre le dispositif aux fournisseurs de matériel médical, kinésithérapeutes, laboratoires, pharmaciens, infirmiers et chirurgiens-dentistes.
Si vous exercez seul ou en petit cabinet, vous êtes concerné au même titre qu’une structure plus grande. La différence tient aux moyens : pas de service informatique, et peu de temps pour s’en occuper.
Ce qu’il faut préparer : logiciel, poste, connexion, secours papier
- Le logiciel de cabinet médical : demandez par écrit à votre éditeur s’il gère la télétransmission vers la CAFAT, les mutuelles et l’aide médicale, à quelle date et à quel coût. Dans le circuit des mutuelles, l’accès passait fin 2024 par un compte dédié, ouvert avec le numéro RPPS et le numéro CAFAT du praticien.
- Le poste : un ordinateur à jour, avec un compte nominatif par utilisateur. Un poste partagé sans mot de passe n’a pas sa place à l’accueil.
- La connexion : une ligne principale et une solution de secours, par exemple un partage de connexion 4G. En août 2024, la cyberattaque contre Lagoon a privé d’internet environ 40 % de ses abonnés pendant près de 48 heures.
- La procédure de secours : une page qui dit quand basculer sur le papier, qui le décide, comment repérer les feuilles concernées et comment régulariser ensuite.
Organiser le cabinet : qui fait quoi
La télétransmission déplace le travail : moins de papier à envoyer, plus de contrôles à l’écran. Répartissez les rôles avant le basculement.
- À l’accueil : vérifier l’identité et les droits du patient avant la consultation. L’espace professionnel de la CAFAT permet de gérer les droits administratifs des patients et de déléguer l’usage des services en ligne aux personnes de votre choix.
- Le praticien : valider et transmettre la feuille en fin de consultation, sans la reporter au soir.
- Une personne référente : suivre chaque semaine les rejets et les paiements en tiers payant, et relancer les organismes.
- Toute l’équipe : connaître la procédure de secours et savoir qui appeler en cas de panne.
Prévoyez une demi-journée de formation avant le démarrage, puis un point après un mois : les premiers rejets montrent les erreurs de saisie à corriger. Pour l’informatique d’un cabinet médical, à Nouméa comme en Brousse, la règle est la même : des rôles écrits valent mieux qu’un outil de plus.
Sécuriser les données de santé
Transmettre en ligne, c’est faire circuler des données sensibles. La loi du pays n° 2026-5 soumet désormais l’hébergement des données de santé à un agrément du gouvernement, valable trois ans. L’hébergeur doit notamment respecter un référentiel technique, être certifié et assuré, avoir son siège en Nouvelle-Calédonie et localiser les données sur le territoire ou dans un État offrant une protection équivalente.
Si vous confiez vos données à un éditeur ou à un hébergeur, la loi vous demande de vérifier qu’il dispose de cet agrément. Posez-lui trois questions : où sont hébergées mes données, l’agrément est-il obtenu ou demandé, comment récupérer mes données si je change de logiciel ?
Au cabinet, quatre mesures simples couvrent l’essentiel :
- un mot de passe robuste et une double authentification pour chaque compte ;
- une sauvegarde automatique, dont la restauration est testée chaque trimestre ;
- des postes qui se verrouillent seuls et des ordinateurs portables chiffrés ;
- des accès retirés le jour même du départ d’un collaborateur.
BFO Partners travaille sur l’hébergement de systèmes d’information de santé depuis 2011. Ce que nous en retenons : des mesures simples, appliquées tous les jours, protègent mieux qu’un outil coûteux mal utilisé. Notre page santé présente notre approche du secteur.
Rétroplanning 2026-2027
Voici un calendrier réaliste pour un cabinet de 1 à 15 personnes :
- Novembre-décembre 2026 : faire l’inventaire (logiciel, postes, connexion, sauvegardes) et interroger votre éditeur par écrit.
- Janvier-mars 2027 : choisir ou mettre à jour le logiciel, ouvrir les comptes nécessaires, commander le matériel et la connexion de secours.
- Avril-juin 2027 : tester la télétransmission avec quelques patients et chaque organisme, rédiger la procédure de secours.
- Juillet-septembre 2027 : généraliser, former toute l’équipe, suivre les rejets chaque semaine.
- Octobre-décembre 2027 : contrôler les paiements, corriger les derniers écarts, vérifier l’agrément de votre hébergeur.
N’attendez pas le dernier trimestre 2027 : éditeurs et prestataires risquent d’être sollicités par tous les cabinets en même temps. Côté financement, ne comptez pas sur le CASE de la province Sud : les activités de santé humaine font partie des filières exclues de ce code (article 1111-3), hors dispositifs particuliers. Pour situer ce chantier parmi vos autres outils, voyez notre page numérique.
À retenir
Au 1er janvier 2028, la feuille de soins électronique devient la norme : logiciel, connexion de secours, rôles au cabinet et hébergeur agréé se préparent dès 2027.
Questions fréquentes
La feuille de soins électronique est-elle obligatoire en Nouvelle-Calédonie ?
Oui, à partir du 1er janvier 2028, selon la délibération adoptée par le Congrès le 26 mai 2026. Le papier reste possible en secours, quand la transmission numérique est impossible.
Quels professionnels sont concernés par la FSE 2028 ?
Les professionnels de santé qui établissent des feuilles de soins. Médecins, pharmaciens et laboratoires participent déjà à l’expérimentation ; la province Sud prévoit d’y associer kinésithérapeutes, infirmiers, chirurgiens-dentistes et fournisseurs de matériel médical.
Faut-il changer de logiciel ?
Pas forcément. Demandez à votre éditeur s’il gère la télétransmission vers la CAFAT, les mutuelles et l’aide médicale, et où il héberge vos données. Envisagez un changement si les réponses sont floues ou tardives.
Sources
- Congrès de la Nouvelle-Calédonie, « Délibération portant diverses dispositions en matière sanitaire et sociale » (délibération n° 555 du 26 mai 2026), 29 mai 2026
- Congrès de la Nouvelle-Calédonie, « Loi du pays n° 2026-5 portant diverses dispositions en matière sanitaire et sociale », 7 mai 2026
- Juridoc, loi du pays n° 2026-5 du 5 mai 2026 (JONC du 6 mai 2026, p. 10703), article 18 : hébergement de données de santé
- La Dépêche, « Santé : la fin du papier actée en Nouvelle-Calédonie », 27 mai 2026
- Les Nouvelles Calédoniennes, « Santé : vers une généralisation des feuilles de soins électroniques », 27 mai 2026
- DNC, « Dématérialisation des feuilles de soins », 28 mai 2026
- Les Nouvelles Calédoniennes, « Aide médicale : des médecins testent les feuilles de soins électroniques », 3 août 2026
- Mutuelles calédoniennes, note « Dématérialisation de la feuille de soins », 13 décembre 2024
- CAFAT, Accueil professionnels de santé, consulté le 19 octobre 2026
- Les Nouvelles Calédoniennes, « Cyberattaque contre Lagoon : un mois et demi après, que retenir », 2 octobre 2024
- Province Sud, Code des aides pour le soutien de l’économie (CASE), article 1111-3, version consolidée au 9 juin 2026 (Juridoc)
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